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Complexité des soins aux personnes âgées

Partie n° 1

 

Milly : Centre de santé Plainsview, Milly à l’appareil.

Penny : Bonjour Milly, ici Penny Simons, la fille de Jack McTeer.

Milly : Oh! Bonjour Mme Simons. Comment va Jack?

Penny : Je ne sais pas ce qui se passe, mais il n’est vraiment pas bien. J’étais chez lui il y a trois semaines, et il semblait bien aller. Cependant aujourd’hui il pleure, il ne fait pas de sens, et tout est en désordre chez lui. Il ne veut même pas se lever de sa chaise. Est-ce que je peux l’amener voir M. Stevens?

Milly : Oh! C’est assez préoccupant. J’ai bien peur que M. Stevens soit à l’extérieur toute la journée pour faire sa tournée dans des maisons de retraite. Je crois que vous feriez mieux de l’amener au service d’urgence à l’hôpital Thornbury.

Êtes-vous en mesure de l’amener à l’hôpital ou aimeriez-vous que j’appelle une ambulance?

Penny : Ah. Je pense que je suis capable de l’amener moi-même. Merci.

Milly : D’accord. Laissez-moi savoir si vous avez besoin d’aide.

Penny réussit à apporter son père à Thornbury Hospital et est sur le point de rencontrer Dr Shah.

  • Dr Shah : Bonjour, je suis le Dr. Shah. Êtes-vous la fille de M. McTeer?

    Penny : Oui, je m’appelle Penny Simons. Et voici mon père, Jack McTeer.

    Dr Shah : Bonjour, M. McTeer.

    Dr Shah : Je vois que vous avez amené votre père au service d’urgence. Pouvez-vous me dire pourquoi?

    Penny : Bon. Je l’ai vu il y a environ trois semaines et il semblait aller aussi bien que d’habitude. Normalement je le vois à chaque deux semaines, mais j’ai dû travailler la fin de semaine dernière. Aujourd’hui lorsque je suis arrivée, la maison était en désordre et il ne faisait pas de sens et, quand j’ai essayé de savoir ce qui n’allait pas, il a crié après moi.

    Dr Shah : Comment était-il il y a trois semaines?

    Penny : Il allait bien. Il n’était pas confus. Il habite seul et, bon, c’est pas un homme facile à gérer – il est un vieux fermier borné. Il se plaignait de ses locataires, ce qui n’est pas nouveau. J’ai remarqué qu’il ne voulait pas se lever, il disait que sa jambe lui faisait mal. Il conduit toujours au Centre médicale à Plainsview et au magasin. Je crois qu’il prend ses médicaments. Aujourd’hui la maison était en désordre et, comme vous pouvez voir, il ne s’occupe plus de lui-même. Je suis vraiment inquiète à son sujet. Je ne sais pas s’il prend tous ses médicaments mais j’ai apporté tous les flacons que j’ai pu trouver.

    Dr Shah : Bon. Je vois qu’il est diabétique, qu’il fait de l’hypertension artérielle et souffre d’arthrite. Autre chose?

    Penny : Pas à ce que je sache, mais il ne se plaint pas. Vous voyez, j’habite à environ 100 kilomètres d’ici et j’essaie de l’appeler et de venir le voir toutes les deux semaines pendant les fins de semaine.

    Dr Shah : Vous avez parlé de locataires plus tôt, c’est ça?

    Penny : Oui. Il n’exploite plus la ferme. Il a loué toutes ses terres. C’est sa principale source de revenu.

    Dr Shah : Donc il s’occupe de ses finances et subvient à ses besoins? À part vous, est-ce qu’il côtoie quelqu’un d’autre?

    Penny : Pas à ce que je sache. Bon, il aime être seul mais il n’a jamais été comme ça avant.

    Dr Shah : D’accord. Je vais l’examiner puis je vais revenir vous parler.

Commentaires

Les problèmes de communication sont une cause majeure de plaintes au sujet des soins de santé formulées par les patients et les membres de leur famille. Il n’est pas étonnant d’apprendre que la communication au sujet du consentement et de la capacité est particulièrement importante.

Réfléchissez à la situation suivante :
Un patient inconscient arrive en ambulance. Il n’est pas accompagné. Le membre du personnel infirmier responsable du triage obtient tous les renseignements qu’il peut des ambulanciers. Même s’ils n’ont pas pu obtenir le consentement du patient, les ambulanciers ont administré une intraveineuse. Dans une telle situation, le consentement est sous-entendu en raison du contexte précis de l’urgence.

Dans le cas de Jack, sa fille l’accompagne. Lorsque le Dr Shah se présente au patient, il détermine rapidement qu’il doit plutôt obtenir de l’information auprès de la fille de ce dernier. Cependant, le médecin ne demande pas à Jack la permission d’obtenir de l’information auprès de Penny, car il présume que ce dernier aurait consenti s’il pouvait le faire.

Il est pratique courante chez les médecins de présumer qu’un membre de la famille agira dans l’intérêt du patient. Dans cette situation, a-t-on bien réfléchi au besoin de faire intervenir un décideur substitutif? Qu’est-ce le Dr Shah aurait pu faire d’autre pour évaluer la capacité actuelle de Jack, vu qu’une évaluation complète de la capacité n’était pas possible dans la situation? Qu’auriez-vous fait?

Dans ce genre de situations, les médecins formulent toujours des hypothèses au sujet du consentement, croyant que le patient serait d’accord s’il était apte. Heureusement, la majeure partie du temps, tout va bien. Tandis que nous examinons le cas, réfléchissez à la relation de Jack et de sa fille – relation dont Dr Shah ne savait rien à ce moment‑là –, mais qui a par la suite été connue. Penny fournit beaucoup de renseignements personnels sur son père et accepte son admission malgré les objections de Jack.

Une documentation complète, y compris les motifs de certaines décisions, est cruciale dans de telles situations.

Ressources

Nous vous encourageons de réviser les ressources suivantes afin d’en apprendre plus au sujet du consentement :

Pour plus de lecture, nous avons préparé une recherche PubMed qui contient des ressources additionnelles.


 

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