Modules

Communication interculturelle

Partie nº 1

Introduction

Il s’agit ici du cas de la famille Exantus et des médecins qui s’en sont occupés. Betsy, Dani et leur trois enfants sont partis d’Haïti il y a 12 ans pour venir au Canada. Betsy et Dani gèrent un restaurant très fréquenté, à Toronto. Maxon est dans la marine et est la plupart du temps à l’étranger. Elsi est mariée et a deux enfants; Mado est secrétaire et vit chez ses parents. Il donne parfois un coup de main au restaurant. Betsy parle un peu français, mais Dani ne parle que le créole. Ils sont très fiers de leur réussite au Canada.

Cela fait quatre mois que Betsy se plaint d’avoir mal au dos. Au départ, elle pensait que c’est parce qu’elle doit soulever de lourds barils d’huile à cuisson ou d’autres caisses d’aliments, mais la douleur ne disparaît pas. Son malaise s’est aggravé de façon marquée, récemment. Le jour où notre histoire commence, elle prenait quelque chose sur une étagère lorsqu’elle a poussé un cri avant de s’effondrer sur le plancher. C’est là que Dani l’a découverte; elle n’était plus capable de se lever. Un des clients du restaurant a téléphoné au 911 et Betsy a été amenée à la salle d’urgence.

Plusieurs médecins se sont occupés de Betsy pendant sa maladie :

  • Le Dr Bolden, médecin de la salle d’urgence
  • La Dre Tyson, résidente en médecine familiale, qui effectue un stage en médecine interne
  • La Dre Riel, oncologue
  • Le Dr Harrell, résident senior en médecine interne
  • Dre Tyson : Bonjour, je m’appelle Kim Tyson et je suis un médecin de famille sur le personnel.

    J’ai récemment vécu une expérience très difficile quand je faisais un stage en médecine interne. Une famille s’est présentée à l’urgence parce que la mère était tombée et son dos lui faisait souffrir énormément. Bref, nous avons découvert qu’elle souffrait d’un cancer des poumons qui affectait aussi sa colonne vertébrale. J’ai eu beaucoup de difficulté à communiquer avec elle. La dame et son époux étaient haïtiens et parlaient peu le français. Parce qu’aucun interprète professionnel parlant le créole n’était disponible, j’ai dû communiquer avec elle par l’entremise de ses enfants.

    La famille avait des attentes au sujet des soins médicaux… j’avais déjà entendu parler d’une situation comme celle-ci, mais j’en n’avais jamais encore confrontée.

  • Betsy : (Gémit en douleur et crie en créole; elle est évidemment en grande douleur)

    Dr Bolden : Est-ce que vous parlez français?

    Betsy : (Continue de parler en créole)

    Dr Bolden : Est-ce qu’il y a quelqu’un ici avec vous qui parle français?

    (Transition vers Betsy, sa famille et la Dre Tyson)

    Dre Tyson : Bonjour, je suis Dre Tyson.

    Mado : Bon, il était temps.

    Dre Tyson : Vous êtes son fils?

    Mado : Oui.

    Dre Tyson : Vous parlez français?

    Mado : Bien sûr.

    Dre Tyson : Et votre père?

    Mado : Non, mon père parle créole.

    Dre Tyson : D’accord vous parlez français. Avez-vous vu ce qui s’est produit?

    Mado : Non, je n’y étais pas. Mais mon père était présent. Elle a juste fait une chute au restaurant et la douleur est intense. Je ne comprends pas…

    Dre Tyson : Bon, il semble qu’elle a un problème au dos. Elle a de la misère à bouger ses jambes. La radiographie semble révéler une anomalie dans la région de sa colonne vertébrale…

    Mado : Une anomalie?

    Dre Tyson : Oui. Dans la région de sa colonne vertébrale alors nous aimerions la garder pour quelques jours, faire d’autres analyses et j’aimerais bien…

    Mado : Garder pour quelques jours? Des analyses? Mais de quoi parlez-vous?

    Dre Tyson : Bien, elle souffre beaucoup…

    Mado : Je ne suis pas aveugle. (Interrompant la Dre Tyson)

    Dre Tyson : Et nous voulons nous assurer qu’elle n’a pas de blessure sérieuse.

    Mado : Vous ne pouvez pas tout simplement lui donner un analgésique? Et la blessure ne peut pas être si sérieuse.

    Dre Tyson : Nous lui donnerons un analgésique, quelque chose pour la douleur, mais vous devez comprendre qu’elle est incapable de marcher… alors, si vous pouviez lui expliquer que nous allons procéder à d’autres analyses. Nous allons l’admettre… c’est Dr Myers qui s’occupera d’elle…

    Mado : Écoutez, écoutez, je ne pense pas qu’elle sera d’accord. Mais je vais essayer.

    (Mado parle en créole à sa mère)

    (Betsy gémit en douleur et parle en créole à Mado)

    Betsy : Je suis en douleur… je veux ma famille… aidez-moi.

    Dani : Ne t’inquiète pas.

    Mado : Tu dois rester ici.

    Betsy : Non… je veux partir.

    Mado : Elle ne veut pas rester… vous ne pouvez pas tout simplement lui donner des médicaments analgésiques? On a déjà perdu beaucoup de temps. Donnez-moi des analgésiques, comme ça je la ramènerai…

    Dre Tyson : Nous allons lui donner des analgésiques. Nous ne voulons pas qu’elle souffre bien sûr. Mais il faut procéder à ces analyses pour nous assurer de n’avoir rien manqué.

    Mado : C’est inacceptable! Elle ne veut pas rester. Elle veut retourner à la maison pour s’occuper de ses affaires donc faites quelque chose.

L’immigrant et le système de santé

Commentaires d’interprétation
La première impression est importante. Nous n’avons peut‑être pas vu toute la rencontre entre la famille Exantus et les médecins de la salle d’urgence, mais comment pensez‑vous que ces interactions ont influé sur l’impression que les médecins et le patient/ les membres de la famille ont eue les uns à l’égard des autres? Que doit être un comportement axé sur le patient, en salle d’urgence? Est‑il possible d’adopter ce comportement? Pensez à votre propre expérience.

Exercice de réflexion nº 2

Les exercices de réflexion portent sur des enjeux éthiques, communicationnels et culturels. Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises réponses, mais certaines options sont meilleures que d’autres dans certaines situations. Lisez les options et les questions qui y sont associées et visionnez les vidéos (disponibles pour trois des quatre options). Lisez les questions associées à chaque option avant de faire votre choix. Quand vous aurez terminé l’exercice, vous pouvez lire les commentaires et consulter d’autres ressources documentaires.

Si vous étiez le médecin responsable et qu’on vous demandait de « ne rien dire », que répondriez‑vous? Que feriez-vous?

Option n° 1

Vous dites à Elsi qu’il est impossible, en milieu hospitalier, de cacher des informations au patient.

  • Pensez‑vous que cet argument est :
    • valide?
    • raisonnable?
    • réaliste?
  • Les hôpitaux dans lesquels vous avez travaillé avaient‑ils adopté une politique sur cette question?
  • Si vous étiez administrateur de l’hôpital, quelle serait votre position?
  • Dre Tyson : Je sais que vous pensez faire la bonne chose pour votre mère, mais croyez-moi, les patients sont au courant. Ils finissent par savoir qu’il y a quelque chose qui ne va pas. Ils entendent les infirmières et les techniciens parler et en tirent leurs propres conclusions. Ensuite les patients jouent un petit jeu avec eux. Personne ne leur en parle, même pas la famille, et puis bon, le patient se sent alors isolé… Personne n’y gagne.

    Elsi : Jouer un petit jeu? Mais dans quelle sorte d’hôpital sommes-nous? Le personnel ne sait-il pas être discret avec les patients et leur famille? Passent-ils leurs journées à potiner sur les patients comme dans un téléroman? Écoutez, je suis certaine que si vous leur expliquez la situation, ils comprendront.

    Dre Tyson : Non, malheureusement ce n’est pas aussi simple. Avec tout ce qui se passe ici, tout le temps, nous ne pouvons pas tout simplement contrôler ce que les patients voient ou entendent.

    Elsi : Incroyable!

Option n° 2

Vous dites à Elsi qu’en fait, l’expérience montre que la plupart des patients veulent connaître la vérité, peu importe la gravité de leur cas.

  • Êtes‑vous d’accord avec cette affirmation?
  • Y a‑t‑il une différence entre le fait de mentir et le fait de ne pas dire toute la vérité?
  • Sur quels principes éthiques la Dre Tyson s’appuie‑t‑elle?
  • Dre Tyson : Je sais que vous pensez faire la bonne chose pour votre mère, mais la plupart des gens veulent connaître leur état de santé. Avez-vous pensé à la façon qu’elle réagira si nous… si nous lui mentons?

    Elsi : Non, je ne vous ai pas dit de mentir. Ce n’est pas ce que j’ai dit. Plutôt, il ne faut rien lui dire au sujet du cancer ou de la mort. Elle ne le supporterait pas.

    Dre Tyson : En fait, la plupart des gens préfèrent la franchise. Comme ça, avec leur famille, ils n’ont pas à faire semblant de ne pas savoir. Et c’est réconfortant pour eux de pouvoir en parler. Et puis, votre mère devra mettre de l’ordre dans ses affaires. Elle aura des décisions à prendre au sujet de son restaurant, n’est-ce pas?

    Elsi : Vous parlez comme si elle allait mourir demain.

    Dre Tyson : Non, pas demain mais… Bon, elle devra suivre des traitements. Elle posera probablement des questions à ce sujet.

    Elsi : Les traitements ne seront pas un problème. Elle les suivra. Ma maman ne parle pas beaucoup français donc elle pourra toujours nous en parler et nous verrons à faciliter ça. Écoutez, il ne faut pas qu’elle sache qu’elle est atteinte d’un cancer. Elle ne pourra pas le supporter.

    Dre Tyson : Elle n’a besoin d’entendre qu’un seul mot : cancer. Elle le comprendra et elle le saura, vous verrez. Et ensuite elle aura des formulaires de consentement à signer. Et si elle me demande pourquoi, que vais-je lui dire? Je ne peux pas lui mentir. Ça serait tromper ma patiente.

    Elsi : Écoutez.

    Dre Tyson : Regardez, je ne peux pas lui mentir. Je perdrais sa confiance.

    Elsi : Vous ne comprenez pas. Ce n’est pas ainsi que nous faisons les choses chez nous. Il ne faut pas qu’elle sache.

    Dre Tyson : Et si elle me demande à savoir ce qui se passe? Qu’est-ce que je dois lui dire?

    Elsi : Débrouillez-vous.

Option n° 3

Vous demandez à Elsi pour quelles raisons elle fait cette demande, puis vous temporisez en suggérant la possibilité de lui communiquer l’information plus tard.

  • Dans quelle mesure pensez‑vous qu’Elsi et la Dre Tyson ont compris la position de l’autre?
  • Si vous choisissez cette option, pensez‑vous qu’il peut y avoir des « effets secondaires » négatifs?
  • Lorsque la médecin se retrouve devant un possible conflit dans la famille, en quoi consiste son devoir?
  • Dre Tyson : Je sais que vous pensez bien agir, pour le bien de votre mère, mais pouvez-vous m’expliquer, m’aider à comprendre pourquoi? Parce que quand une famille nous demande d’agir ainsi, ça cause des problèmes.

    Elsi : Bon, bien elle sera vraiment bouleversée d’apprendre la nouvelle et elle va se tourner la face au mur et elle va capituler, tout simplement.

    Dre Tyson : Oui, nous pensons souvent que c’est ainsi qu’ils vont réagir, mais leur réaction est parfois surprenante. Parlez-moi de votre mère. Quel type de personne est-elle? Cela m’aidera à comprendre pourquoi vous croyez qu’elle réagira comme vous le dites.

    Elsi : Bon, nous sommes Haïtiens. Notre mère est née en Haïti, et la façon dont nous faisons les choses là-bas, c’est que le patient n’est jamais informé de sa condition. On ne veut pas les troubler avec tous ces détails donc c’est la famille qui s’occupe de tout, c’est comme ça. Et tu sais, je crois que ça sera vraiment mieux pour papa aussi. Si maman le savait, notre père ne saurait pas comment y faire face.

    Dre Tyson : D’accord. Vous savez, plusieurs personnes croient qu’on ne devrait pas donner un tel diagnostic au patient, lui dire ce qui l’attend. Écoutez… Je ne veux pas compliquer les choses pour votre famille, alors je ne lui dirai rien de précis pour l’instant. À moins qu’elle me le demande. Je suis obligée d’être franche avec elle si elle me le demande, d’accord? Bon, ça doit être tout un choc pour vous tous alors, peut-être devrions-nous prendre le temps de réfléchir un peu. Mais dites-moi, comment va votre père?

    Mado : Alors papa est très bouleversé. Mais il ne le dira pas à maman. Et tu sais quoi, Elsi, peut-être maman le voudrait ainsi. Elle devrait vraiment en être informée. Nous devrions le lui dire. Elle n’est pas bête. Elle le saura.

    Elsi : Je sais qu’elle n’est pas bête. Pour nous, une telle franchise adonnerait mieux. Mais pour maman et papa, je ne pense pas. Ils ne peuvent pas en être informés. Ils ne sauraient pas quoi en faire.

    Dre Tyson : Je vois.

Option n° 4

Vous jugez que la requête d’Elsi n’est pas réaliste et que vous devez parler à Betsy de son état et lui demander ce qu’elle veut savoir. Vous décidez de faire appel à un interprète professionnel. Devriez‑vous demander d’abord la permission de la famille? Auriez‑vous l’impression de tromper la famille si vous ne demandiez pas d’abord cette permission? Quels pourraient être les « effets secondaires » d’un tel geste?

Commentaires

  • Dre Tyson : Bon, comme vous pouvez le voir, la demande d’Elsi me laissait un peu perplexe. Elle ne voulait pas que j’informe Betsy de son état de santé. Elsi semblait parler au nom de toute la famille. Évidemment, je ne peux pas porter de jugement sur leurs traditions et leur culture. À mon avis, le modèle optimal de soins aux patients ne s’accordait pas avec leurs désirs. Écoutez, on nous a appris à respecter les autres cultures, donc, dans ce cas-ci, la meilleure façon de procéder était de bien comprendre leur demande, même si elle allait à l’encontre de ce qui me paraissait le mieux. Il n’y avait vraiment pas de bonne réponse.

Commentaires sur l’option no 1
Dans le domaine complexe des soins de santé, les problèmes ou les erreurs qui surviennent sont très souvent causés non pas par un acte individuel, mais par une erreur du système. Un important rapport de laboratoire est perdu dans une pile de dossiers. Des membres du personnel infirmier qui se trouvent à la porte de la chambre de Betsy parlent de choses et d’autres, mais Betsy pense qu’ils parlent d’elle.

La réponse de la médecin à la demande d’Elsi était peut‑être tout à fait fondée. Il est difficile de cacher des informations, vraies ou fausses, à des patients hospitalisés. La Dre Tyson peut ne pas être en mesure de contrôler tous les échanges entre son patient et les nombreux travailleurs de la santé qui s’en occupent, mais elle contrôle ce qu’elle dit et ce qu’elle fait. Est‑ce que la médecin peut contourner la question d’Elsi en invoquant un problème du système — et en blâmant les autres? Comment doit‑elle réagir lorsqu’Elsi se plaint des commérages du personnel?

La plupart des hôpitaux ont adopté des politiques ou des codes de conduite touchant la confidentialité et des aspects semblables. La Dre Tyson est une médecin résidente, ce qui veut dire qu’elle travaille dans un établissement donné pour des périodes variables qui vont de un mois à plus d’un an. Elle devrait être au courant de la politique adoptée dans l’établissement où elle travaille, mais, en pratique, il se peut qu’elle ne le soit pas.

Si l’on suppose que la Dre Tyson accepte de ne pas dire à Betsy qu’elle a le cancer, comme Elsi le lui demande, que pourrait‑elle lui répondre parmi les quatre énoncés suivants?

  1. « Les gens qui travaillent ici sont tous des professionnels. Ils ne diront jamais ce qu’il ne faut pas à un patient. »
  2. « Je vais en parler à la chef d’unité, et je vais lui demander d’interdire à tout le monde de parler à votre mère de son état. »
  3. « L’hôpital a adopté une politique en matière de confidentialité. Je vais vous trouver une brochure, vous pourrez la lire. »
  4. « Je vais vous donner les coordonnées du représentant des patients de l’hôpital, et vous pourrez en discuter avec lui. »

Commentaires sur l’option no 2
Dans cette option, la Dre Tyson donne la réponse standard, « dire la vérité », qu’elle a apprise dans ses cours d’éthique. Une documentation abondante soutient cette position. De nombreuses études montrent que les patients veulent savoir de quoi ils souffrent et que le fait de leur cacher la vérité revient à les isoler, ce qui entraîne de moins bonnes réponses aux traitements et une moins bonne qualité de vie. Il arrive que les proches se trompent en croyant que le patient ne veuille pas savoir la vérité alors qu’en fait, c’est ce qu’il veut. Il arrive aussi que le patient joue le jeu pour ne pas avoir à imposer à ses proches la douleur de discuter de sa mort prochaine.

Toutefois, la plupart de ces études ont été menées auprès de populations de patients occidentaux, habituellement américaines. Les études menées auprès de patients d’autres cultures donnent parfois des résultats différents, mais tout dépend de la façon dont chaque patient s’est adapté à la culture locale (voir l’option no 3).

En ce qui concerne la différence entre le fait de mentir et le fait de ne pas dire toute la vérité, certains éthiciens estiment qu’elle n’existe pas. Le but est le même : tromper le patient. Le résultat est le même : le patient ne pourra jamais prendre de décisions tout à fait éclairées. Cependant, certains estiment que le mensonge est pire, parce que, si le patient découvre la vérité, il ne pourra plus faire confiance à son médecin; par contre, si le médecin ne fournit tout simplement pas toute l’information pertinente, il devra assumer la responsabilité de toute décision subséquente du patient. Cela tient peut‑être aussi au fait que la plupart d’entre nous avons appris dès l’enfance qu’il ne faut pas mentir. Nous devons à tout le moins comprendre que le fait de taire certaines informations, même dans une bonne intention, n’est pas nécessairement sans effet.

Commentaires sur l’option no 3
Dans cette option, la Dre Tyson essaie d’obtenir de l’information sur les croyances et les valeurs de Betsy. Mais comment doit‑elle interpréter l’information que lui donne Elsi? Cette dernière nous renseigne‑t‑elle sur Betsy ou sur elle‑même et sa façon de voir les choses? En incluant Mado et Dani dans la discussion, la Dre Tyson cherche évidemment à trouver une façon de concilier ses convictions médicales et les convictions de la famille. Mais quels ensembles de valeurs et de croyances devraient avoir préséance? Devrait‑elle se conformer à l’opinion du milieu médical selon laquelle, dans presque tous les cas, il est mieux que le patient soit au courant de son état, ou devrait‑elle respecter, avant tout, les valeurs culturelles de sa patiente? Devrait‑elle accorder foi à l’évaluation que font Mado ou Elsi des différences intergénérationnelles touchant la divulgation de la vérité? Si la Dre Tyson annonce le diagnostic à Betsy malgré les objections de la famille, agit‑elle dans le respect de l’autonomie du patient ou de manière paternaliste, en décidant elle‑même ce qu’il convient de faire? Si elle accepte de cacher la vérité à Betsy, lui enlève‑t‑elle la possibilité de décider ce qu’elle fera de sa vie? Elle pourrait peut‑être refuser le traitement en croyant que son problème n’est pas grave. Si elle apprend la vérité, est‑ce que cela ne mettra pas la famille en colère? Quelles autres questions la Dre Tyson pourrait‑elle poser afin de comprendre ce que Betsy peut désirer?

Il n’est pas facile de répondre à ces questions, mais il faut y réfléchir avant de prendre une décision. Il pourrait être utile de discuter du cas avec d’autres médecins ou avec un éthicien.

Commentaires sur l’option no 4
Bien des gens diraient que c’était la meilleure décision à prendre. Rien ne prouve que Betsy ait déjà discuté de ce qu’elle voudrait savoir si jamais elle tombait malade, et il semble qu’Elsi formule des hypothèses fondées sur ce qu’elle pense que sa mère désirerait. Mais la Dre Tyson est avant tout responsable de la patiente, même si cela peut contrarier la famille. Selon un certain nombre d’études, les médecins sont de mauvais juges du désir et du besoin d’information de leurs patients, et la meilleure chose à faire serait de poser la question directement au patient. Toutefois, en l’occurrence, le médecin peut ne pas avoir accès facilement à un interprète et, comme nous l’avons vu, un membre de la famille peut ne pas fournir l’information demandée. Il ne faut pas non plus oublier qu’un patient, si on lui pose la question directement, pourrait laisser la famille décider, pensant que ses proches ne seraient peut-être pas capables de discuter de telles questions avec lui. Pour savoir ce qu’un patient désire vraiment, dans de telles situations, il faut explorer avec beaucoup de tact ses valeurs et ses relations. Cela ne se fait pas à l’aide de quelques courtes questions.

Pour en apprendre davantage sur le travail avec des interprètes, voir la section « L’entrevue dans un contexte interculturel ».

Derniers commentaires sur l’exercice de réflexion nº 2

Elsi a présenté sa demande alors qu’elle vivait un grand stress, au moment où elle apprenait le diagnostic de sa mère. Ce n’est peut‑être pas le meilleur moment pour présenter une telle demande ou pour y répondre. Si le temps le permet (si le décès n’est pas imminent), toutes les personnes concernées devraient s’arrêter pour réfléchir à la question et aux conséquences possibles de leur décision. Il faut considérer que c’est un processus, non pas une décision finale. La famille, le médecin et le patient peuvent changer d’idée selon l’évolution de la maladie. Il est important que toutes les personnes concernées le comprennent et qu’elles ne se sentent pas liées par une décision prise plus tôt pendant le processus.

À quel stade de Bennett la médecin se situe‑t‑elle, dans chacune des options? Dans quelles circonstances la médecin pourra‑t‑elle passer à un stade supérieur?

Autres types de communication de la vérité
Annoncer une mauvaise nouvelle, quand le diagnostic est sombre, est probablement le dilemme le plus souvent cité lorsqu’on parle de divulgation de la vérité. Mais il y en a d’autres. Le processus de consentement éclairé pose un dilemme semblable, comme nous l’avons vu dans le module nº 1. Cacher ou fournir de l’information revient souvent à offrir ou non un traitement ou une intervention. Certains médecins estiment qu’ils n’ont pas à donner à leurs patients de l’information qui pourrait les troubler dans les cas où rien ne peut être fait, mais en fait, les données recueillies montrent que les patients veulent être renseignés, même s’il n’y a rien à faire. En refusant de donner l’information demandée, on manque de respect à l’égard de la personne, qui est un être autonome.

Exceptions touchant la divulgation de la vérité
Il existe quelques exceptions :

  • Évidemment, lorsque le patient est inconscient ou incapable de prendre une décision, c’est au mandataire spécial qu’il faudra dire la vérité.
  • Si le patient affirme vraiment qu’il ne veut pas connaître la vérité, il faudra que le médecin fasse attention de ne pas prendre les décisions à sa place. Il lui faudra discuter avec le patient ou avec une autre personne (voir les documents qui concernent la prise de décisions).

Privilège thérapeutique
La divulgation de la vérité est un processus, et, comme on l’a montré dans l’option nº 3, il faut choisir le moment et l’information à divulguer selon les circonstances. Si un médecin avait vraiment de bonnes raisons de croire que son patient pourrait subir un préjudice s’il apprenait quelque chose, il serait peut‑être approprié de cacher la vérité un certain temps. Les cas sont rares, et sur le plan juridique, les tribunaux ont une piètre opinion du privilège thérapeutique.

Entrevues interculturelles : que devons nous savoir?

  • Dre Riel : Oui, allô?

    Dre Tyson : Bonjour, Dre Riel?

    Dre Riel : Oui, elle-même à l’appareil.

    Dre Tyson : Bonjour, c’est Dre Tyson. Pouvons-nous discuter du cas de la famille Exantus?

    Dre Riel : Oui certainement.

    Dre Tyson : Vous allez voir la mère, Betsy bientôt, pour lui parler de son cancer des poumons.

    Dre Riel : Oui.

    Dre Tyson : Je dois vous dire que sa famille ne veut pas qu’elle soit avisée de son état de santé. Je ne vois vraiment pas comment on peut la laisser dans l’ignorance, si on veut bien l’informer de ses options de traitement.

    Dre Riel : Donc, sa famille ne veut pas qu’elle sache qu’elle a le cancer?

    Dre Tyson : Non.

    Dre Riel : Bien, ce sera difficile, mais nous avons déjà eu des cas semblables. Vous savez, dans bien des cultures, la famille pense qu’il est préférable que le patient ne soit pas au courant de son état de santé. Bien sûr, ça nous met parfois dans des situations délicates, mais vous savez cependant que rien ne vous oblige à lui mentir?

    Dre Tyson : Oui, c’est ce que je leur ai dit et je pense qu’ils comprennent. Mais comment pouvons-nous nous assurer qu’elle comprend suffisamment pour pouvoir prendre une décision éclairée? Elle ne parle pas très bien le français et nous n’avons pas d’interprète à l’hôpital qui parle le créole.

    Dre Riel : Bien, habituellement, quand il n’y a pas d’interprète à l’hôpital, la meilleure solution est de faire appel à la famille. Est-ce que vous savez si quelqu’un de la famille comprend assez bien le français?

    Dre Tyson : Oui, ses enfants. Mais comment vais-je savoir s’ils vont bien l’informer s’ils ne veulent même pas qu’elle sache son véritable état de santé?

    Dre Riel : Avez-vous des raisons de croire qu’ils ne coopéreront pas ou qu’ils n’agiront pas au mieux de ses intérêts à elle?

    Dre Tyson : Bien…

    Dre Riel : Bien… est-ce que la famille vous semble dysfonctionnelle?

    Dre Tyson : Son époux est toujours à son chevet et ses enfants semblent se soucier d’elle sincèrement… donc…

    Dre Riel : S’ils comprennent bien les différentes options de traitement et ce que nous devons faire pour la soigner, vous leur demandez de traduire pour vous.

    Dre Tyson : D’accord, excellent. C’est ça que je fais déjà… Bien, merci de votre aide. Je n’étais pas vraiment certaine de la meilleure manière de gérer la situation. Je vous remercie.

    Dre Riel : Il n’y a pas de quoi. Bonne journée Dre Tyson.

    Dre Tyson : Bonne journée.

  • Dre Tyson : Bon, pouvez-vous lui dire que je suis ici pour parler des options de traitement, et que je vous ai demandé de servir d’interprète?

    Elsi : D’accord.

    (Elsi et Betsy se parlent en créole)

    Elsi La docteure veut te parler des traitements et j’interprèterai.

    Betsy Je veux partir.

    Elsi : Elle dit qu’elle veut rentrer à la maison.

    Dre Tyson : Oui, bien sûr, mais nous devons d’abord faire les analyses de son urine et régler ses problèmes de dos. Alors pouvez-vous lui dire cela? Et aussi, pouvez-vous lui demander si elle veut recevoir les informations directement ou si elle veut que l’on s’adresse à vous ou à quelqu’un d’autre.

    (Elsi et Betsy se parlent en créole)

    Elsi : La docteure va nous dire ce que tu dois faire pour être mieux. Toi, tu n’as qu’à te reposer.

    Betsy : Mon dos fait mal. Quel est le problème? Je veux retourner au travail.

    Elsi : La docteure te donnera des médicaments et tu pourras retourner au travail.

    Mado : Elsi, tu ne peux pas lui dire ça…

    Elsi : Mado, tais-toi… (se tourne vers Dre Tyson) Tout va bien. Elle dit que vous pouvez vous adresser à nous… si vous avez besoin de quelque chose. Ok? D’accord?

    Dre Tyson : D’accord. Bon, je vais demander à un chirurgien et à un oncologue de venir vous voir. Mais je pense que c’est surtout important que votre mère soit aussi à la rencontre, d’accord?

    Elsi : Oui, oui.

    (Dans le corridor)

    Dani Mado! Elsi!… Qu’est-ce qui se passe? Je suis confus.

    Elsi Rien, papa. C’est rien. Retourne à maman.

    Dani : Je veux savoir ce qui se passe.

    Elsi : Papa, je t’assure. C’est rien. S’il vous plaît, va voir maman.

    (Dani retourne à la chambre)

    Mado : Elsi, nous devrions lui dire. Je veux dire, qui va s’occuper du restaurant?

    Elsi : Toi, tu vas t’occuper du restaurant.

    Mado : Elsi, tu es malade ou quoi?

    Elsi : Qu’est-ce que t’as de mieux à faire?

    Mado : Elsi, je ne peux pas m’occuper de cela tout seul? On parle d’une entreprise…

  • Dre Tyson : Eh bien, j’avais espéré que cela se passerait mieux. Et puis, je ne suis pas certaine que Betsy comprenait vraiment les traitements que je proposais… et puis, Mado, il s’est fâché quand Elsi a mentionné quelque chose, et il semblait qu’il y avait un conflit dans la famille… Je pense qu’il aurait été mieux pour moi de trouver un interprète après tout. Je pense que je viens d’avoir tiré une leçon très importante de cette expérience. J’ai besoin d’en apprendre davantage sur la façon de travailler avec un interprète et sur la façon de communiquer avec les familles en situation de conflit.

    (Voir la section Entrevues interculturelles)

Exercice de réflexion nº 3

Exercice de réflexion nº 4

  • L’exercice de réflexion no 4 n’est pas directement lié à la présente étude de cas, mais permet de réfléchir aux questions qui se posent lorsqu’on travaille dans un milieu médical multiculturel et, en particulier, avec des interprètes.

    Lisez les scénarios suivants et répondez aux questions.

  • 1. Un immigrant récent se présente à la clinique avec son épouse et dit que, comme elle ne parle pas français, il lui servira d’interprète. Il dit qu’elle est enceinte et en bonne santé. Elle porte des vêtements traditionnels et fixe le plancher. Le médecin note que l’époux répond aux questions qui la concernent sans les lui poser d’abord. Lorsque le médecin lui demande les raisons de ce comportement, il répond qu’ils en avaient discuté avant de se présenter à la clinique.
  • 2. Une femme d’origine sénégalaise se présente à la clinique communautaire avec sa fille âgée de 12 ans. Elle ne parle pas bien français, mais elle présente une note rédigée par une travailleuse communautaire qui parle sa langue. Cette note indique que la femme désire que sa fille subisse une excision. La note souligne que c’est un geste très important dans leur culture, et que toute la famille serait ostracisée et très affligée si la fille ne se soumettait pas à cette opération. Dans la note, il est en outre précisé que, si aucun intervenant de la clinique n’est en mesure de pratiquer cette opération, il faudrait aiguiller la mère et la fille vers quelqu’un qui pourrait le faire. Le médecin demande à l’enfant, qui fréquente l’école française, si elle est au courant. La fille semble effrayée, mais elle dit que sa mère soutient qu’elle doit s’y soumettre.
  • 3. Un chauffeur de taxi égyptien a été poignardé par un passager qui voulait de la drogue. Il arrive en salle d’urgence à 2 h du matin. Malgré les efforts déployés pour le garder en vie, il décède. Peu après, un policier amène son épouse et ses trois enfants à l’hôpital. L’épouse parle très peu le français. Le fils aîné a 9 ans et parle bien français.
  • 4. Un patient hispanophone doit subir une évaluation psychiatrique. Son épouse affirme qu’il entend des voix et qu’il l’accuse d’essayer de l’empoisonner. Elle en est venue à craindre pour sa sécurité. On demande à une secrétaire du service des dossiers de servir d’interprète. Pendant l’entrevue, elle soutient que le patient est rationnel et qu’il ne présente aucun symptôme de psychose.

Commentaires

La meilleure réponse, dans tous les cas, est bien sûr la réponse « A ». En pratique, cependant, il est rare qu’un interprète professionnel soit accessible au moment où on en a besoin et qu’il parle la langue en question. Il faut alors choisir une autre option, mais laquelle? Il arrive que les notions de « sensibilité à la culture » et de « conformité avec l’éthique » soient en opposition.

Interprètes professionnels
Les interprètes professionnels, ou culturels, ne sont pas que de simples traducteurs. Ils ont appris non seulement à traduire avec le plus de précision possible les échanges entre un intervenant et un patient, mais également à interpréter les comportements non verbaux et à servir « d’intermédiaires culturels » entre les deux interlocuteurs. Ils sont donc au courant des tabous culturels et des pratiques habituelles et modifient leur discours, au besoin, lorsqu’ils s’adressent au patient. Ils peuvent renseigner l’intervenant au sujet des systèmes de valeurs et de croyances du patient. Les interprètes ont aussi suivi une formation sur la terminologie médicale et les principes des soins de santé éthiques, ce qui concerne également la protection des renseignements personnels. Pour toutes ces raisons, il est préférable de travailler avec un tel interprète, puisque cela témoigne d’une sensibilité à la culture. C’est aussi une façon d’agir qui semble correcte, sur le plan de l’éthique, puisqu’elle offre les meilleures possibilités qui soient d’obtenir du patient de l’information juste et de le renseigner adéquatement sur le diagnostic, les options de traitement et d’autres aspects.

Un établissement de santé qui n’offre pas les services d’interprètes professionnels peut‑il prétendre offrir des soins adéquats? La réponse n’est pas tranchée. Les hôpitaux et les autres systèmes de santé doivent utiliser leurs ressources limitées en tenant compte des besoins de la population qu’ils servent.

Interprètes bénévoles (non professionnels) (scénarios n2, n3 et n4)
La plupart des établissements de santé tiennent une liste de tous leurs employés bilingues ou multilingues. Ces personnes n’ont pas toutes suivi une formation d’interprète. Leur niveau de scolarité et leur capacité linguistique sont variables. Dans le cas où la communauté ethnique est de petite taille, elles peuvent même connaître le patient. Elles peuvent être placées dans des situations très difficiles sur le plan émotionnel, comme le scénario no 3.

Serait‑il conforme à l’éthique de demander à un jeune travailleur de cuisine sans expérience de servir d’interprète dans le scénario no 3? Malheureusement, la question est rarement posée. Dans un tel cas, l’interprète peut être traumatisé par la situation et il pourrait fournir à la famille du patient de l’information incorrecte ou incomplète.

Dans le scénario no 2, une travailleuse communautaire, supposément membre du même groupe ethnique que la patiente, est intervenue. Cela peut‑il poser problème? Bien que cette personne semble connaître les valeurs culturelles de la patiente, est‑ce qu’il n’y aurait pas là un risque de partialité? Y a‑t‑il une limite à la sensibilité culturelle dans le cas où les désirs d’un patient se heurtent à la pratique médicale reconnue (occidentale)?

Lorsqu’il s’agit d’un cas délicat qui peut avoir des répercussions juridiques, il est préférable de demander conseil à l’ordre des médecins de votre province ou territoire. Ils confirmeront la façon dont certaines questions, comme les demandes d’excision, sont traitées dans la juridiction. Par exemple, si vous pratiquez en Ontario, les politiques du College of Physicians and Surgeons of Ontario stipulent que tout médecin qui pratique l’excision ou qui réfère un patient à un tel praticien soit assujetti à une accusation d’inconduite professionnelle. Il ajoute que tout enfant dans cette situation doit être référé à la Société d’aide à l’enfance.

Donc, si vous aviez demandé à la travailleuse communautaire de servir d’interprète, comment sauriez‑vous si l’information transmise fut traduit fidèlement? Enfin, si le patient et l’interprète viennent d’une même petite collectivité, le patient pourrait ne pas vouloir lui révéler des renseignements gênants ou de nature délicate.

Dans le scénario no 4, nous voyons quels problèmes peuvent se poser lorsqu’un interprète non professionnel participe à une évaluation psychiatrique. Dans le domaine de la communication, l’évaluation psychiatrique est probablement l’exercice le plus chargé sur le plan de la culture et le plus dépendant de la langue. La maîtrise de la langue est essentielle si on veut obtenir de l’information. Par exemple, certaines langues n’ont pas de mots pour décrire la « dépression », au sens que ce mot a en français, et il est donc impossible d’obtenir de l’information liée à ce diagnostic. Si les symptômes psychotiques sont intermittents, une question simple et directe, par exemple « entendez‑vous des voix? », peut rater sa cible et amener l’interprète à affirmer que le patient n’entend pas de voix.

Membres de la famille agissant en tant qu’interprètes
C’est le problème que nous rencontrons le plus fréquemment, en tant que travailleurs de la santé, quand un interprète est nécessaire. Le problème se pose souvent dans des situations très difficiles comme un décès subit, une fin de vie ou lorsqu’il faut annoncer une mauvaise nouvelle. Les membres de la famille peuvent resserrer leurs liens ou au contraire s’éloigner les uns des autres selon la façon dont le problème est traité. Trois situations courantes vous ont été présentées dans les scénarios et dans l’histoire d’Elsi et de Mado.

Dans le scénario no 1, la patiente avait de toute évidence laissé à son époux le soin de fournir de l’information et de prendre les décisions la concernant. C’est la coutume, dans certaines cultures. Toutefois, certains éthiciens se demandent si une femme accepterait cette façon de faire si elle avait le choix. Ici encore, le médecin peut devoir trancher un conflit potentiel entre la sensibilité à la culture du patient et non seulement le respect de la personne (selon la définition courante en Occident), mais également le respect de ses droits fondamentaux. Lisez le document Waiver of Informed Consent, Cultural Sensitivity, and the Problem of Unjust Families and Traditions, de Insoo Hyun. Cet article porte également sur les questions soulevées dans le module no 2. Dans les scénarios no 2 et no 3, c’est un enfant qui doit traduire des informations chargées sur le plan émotionnel. Dans les deux cas, cette situation peut traumatiser l’enfant qui, en outre, peut ne pas être intellectuellement capable de traduire correctement l’information. Dans d’autres cas, les enfants peuvent être de très précieux interprètes pour la famille, et peuvent en être fiers. Tout dépend du contexte.


 

Suivant : Partie nº 2

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