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Santé des Autochtones

Conclusion

Écoutez le témoignage de Christine, représentante en santé communautaire.

  • Christine : À bien y penser, les médecins n’ont pas l’air de comprendre la réalité de ce qu’on vit ici. Ils pensent qu’ils peuvent seulement nous donner des commentaires ou passer des brochures puis les choses vont changer. Ils doivent nous expliquer exactement comment notre corps fonctionne puis réagit avec le diabète.

    On nous dit de faire plus d’exercice, mais il n’y a pas de sentiers de marche puis les routes sont vraiment en mauvais état. On a une salle de gym, mais la plupart des appareils sont vieux ou brisés, et puis il n’y a pas d’argent pour les remplacer. En plus, les gens ne veulent pas que tout le monde soit au courant de ce qui se passe dans leur vie, alors si on les voit soudainement faire de l’exercice, les autres vont poser des questions.

    On nous dit qu’on fait des choix malsains, mais il n’y a pas beaucoup de choix santé abordables à l’épicerie à cause du prix du transport élevé. En plus, avec le temps que ça prend aux aliments d’arriver ils sont loin d’être frais. J’ai toujours rêvé de faire un jardin communautaire, mais il nous faudrait des fonds pour payer la machinerie nécessaire pour creuser la terre qui est pleine de roches.

    Peut-être que si les médecins prenaient le temps de nous connaître, puis de comprendre exactement notre réalité, ils arrêteraient de répéter des choses qui ne font aucun sens, et ils commenceraient à nous aider réellement avec tous nos défis.

Écoutez le témoignage de l’infirmière de la réserve.

  • Infirmière de la réserve : La communication est un problème. Parfois, nous ne pouvons pas obtenir le dossier et nous devons refaire des tests qui ont déjà été faits ailleurs. Chaque jour, le médecin est différent, de sorte qu’il n’a pas le temps d’apprendre à connaître le personnel ou la communauté. On devrait trouver un moyen pour que nous puissions nous rencontrer plus souvent, afin de partager l’information. Il y a tellement de chevauchement. Parfois, leurs demandes sont irréalistes. Il est parfois difficile d’envoyer les gens en ville pour leurs traitements. Notre budget de transport a été coupé, et nous devons donc faire le triage pour savoir qui nous envoyons en ville pour leurs traitements et ceux qui n’iront pas.

    Mais, si vous apprenez à connaître les gens, vous vous rendrez compte que c’est un endroit super, c’est une communauté qui a beaucoup de forces. Souvent, on entend seulement parler des faiblesses.

    La meilleure chose qui se passe maintenant, c’est le programme de compagnons-conseillers. Le diabète est mieux compris et les traitements sont mieux suivis. Les gens se parlent entre eux et on a l’impression que la communauté est en train de se prendre en main. Les conseillers font un peu d’argent, et à la fois se sentent valorisés par leur contribution. Et les cours de cuisine sont très populaires. J’espère qu’on va avoir assez de fonds pour le conserver. En ce moment, on a assez d’argent que pour quelques années.

Kathy a passé l’été dans la réserve et elle réfléchit aux changements qu’elle a faits.

  • Kathy : Je suis retournée chez moi le printemps dernier, juste avant la débâcle. Je n’ai pas aimé être à l’hôpital, mais on m’a dit que ça me fait du bien. Si je reste en bonne santé, je n’aurai pas à y retourner. Je prends mes médicaments régulièrement, et ça va. Ma mère prend des cours avec Christine pour apprendre à mieux cuisiner, et les enfants aiment bien ce qu’elle prépare. Maintenant, nous pouvons tous manger la même chose. Je peux manger de la banique, mais je ne peux pas manger de la banique et du bacon en même temps, et je n’aime toujours pas les tomates.

    Je vois l’infirmière régulièrement et mon taux de sucre s’améliore.

    Quand on m’a dit que j’avais le diabète, j’ai eu peur et j’ai mal géré ma situation. J’avais le cerveau tout embrumé parce que mon taux de sucre était trop élevé, et je pensais que je me rendais folle. Mais, Christine a discuté de la question avec moi. Quand on m’a dit que mon niveau de stress pouvait affecter mon taux de sucre, j’ai été vraiment surprise. Mais, une fois que mon taux s’est stabilisé, je me suis senti tellement mieux.

    Christine m’a demandé de devenir compagnon-conseiller pour les autres résidents de la réserve qui sont diabétiques. Au début, je ne voulais vraiment pas, mais je me suis rendu compte que si nous voulons être en meilleure santé, c’est nous qui devons se mettre à en parler.

    Maintenant que je réalise comment mon corps fonctionne, je peux aider les autres à le comprendre aussi. Je veux dire, c’est bon, quand le monde réalise qu’ils peuvent prendre le contrôle de leur situation. On a eu un bel été. J’ai été souvent à la pêche. On a abattu un orignal, alors maintenant nous allons avoir plein de bonne viande pour un certain temps. Peut-être que je vais même aider Christine à planter ce jardin, celui dont elle ne cesse de parler.

Amy travaille avec les gens de la réserve pour faire la promotion d’un mode de vie sain. Elle a demandé à Kathy si elle aimerait devenir conseiller auprès de ses pairs, et, à sa grande surprise, elle a accepté! Aujourd’hui, elle travaille avec Christine et l’infirmière pour aider les autres personnes atteintes du diabète. Elle donne aussi un coup de main pour l’aménagement d’un potager, et les jeunes enfants plantent des semences. Que leur réserve l’avenir? Nous ne le savons pas.

Qu’ont appris la Dre Nyrit et Keith? Est-ce que la Dre Nyrit restera assez longtemps pour participer au plan d’Amy touchant l’adoption d’un mode de vie plus sain? Est-ce que Keith comprendra mieux son prochain patient autochtone?

Nous l’espérons.


 

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